Bevrijding van Gent, 1944

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© Philippe de Chaffoy
Bevrijding van Gent, 1944

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vervaardiger
muziek | De Chaffoy, Philippe
datum
1944
objectnummer
VI-0003-0003
Gent in Bewegend Beeld 3: Op 6 september 1944 eindigde voor de Gentenaars de oorlog en de Duitse bezetting. Vanuit haar woning aan de Kortrijksesteenweg in Sint-Denijs-Westrem filmde Lydia Merre de vlucht van de Duitsers en de intrede van de Britse troepen. Dat deze film gemaakt is door een vrouw, is eerder uitzonderlijk. Zeer weinig vrouwen hanteerden in die periode de camera. Lydia’s schoonbroer, Hans Van Werveke, woonde met zijn gezin naast de woning van de filmmaakster. Hij was professor geschiedenis aan de universiteit van Gent en beschreef nauwgezet de terugtrekking van de Duitse troepen, de bevrijding van Gent en de zware bombardementen die de stad tot half september teisterden. Het verslag is in briefvorm aan zijn zus in Zwitserland geschreven. De filmbeelden en het verslag lopen opvallend samen. De kinderen die we in de film zien zijn de kinderen van prof. Van Werveke en dus de nichtjes van de filmmaakster. St. D. W., 7 septembre 1944 Ma très chère soeur, Je t’écris cette lettre, pendant que mes impressions sont encore fraîches, mais sans savoir quand je pourrai te l’envoyer. Je sais que toi, qui as vécu le 11 novembre 1918 à Gand, tu tiendras à savoir ce qui s’est passé lors de la nouvelle libération de la ville. […] Le matin du vendredi 1 sept., mon beau-frère Wally, que ses nerfs empêchent de dormir avant les premières heures du matin, racontait qu’il avait observé depuis onze heures du soir un trafic intense en direction de Gand, qui prenait nettement une allure de retraite organisée. Dans la matinée du vendredi on voyait toujours les véhicules passer, mais à de plus grands intervalles, sans doute par peur des avions. Comme depuis notre maison on ne voit pas la chaussée, nous passons d’heure en heure à travers les jardins pour aller jouir du spectacle. Lydie, installée à l’étage de sa maison, commence à le filmer. […] Dans la nuit du vendredi 1 au samedi 2 sept., la retraite redevient plus intense. Entre onze heures et minuit Elsa et moi nous allons regarder derrière la haie, à la chaussée. On voit les Allemands passer au clair de lune, quelques-uns à bicyclette ou à pied, à deux pas de nous, sans qu’ils puissent nous voir. […] Dimanche matin (3 sept.): Le trafic diminue sur la route. Ce sont de plus en plus de petits groupes qui s’en vont de leur propre initiative. Mais un autre genre de trafic a commencé: la plaine d’aviation est abandonnée, et une partie de la population du village s’est ruée sur les stocks que les Allemands y ont laissés: charbons, pommes de terre, mais hélas aussi sur les villas où ils s’étaient installés: les meubles que l’ont voit passer sur les charrettes n’appartenaient certainement pas à l’occupant, bien qu’il soit parfois fort difficile d’identifier le propriétaire. Depuis ce matin, toutes les communications téléphoniques sont coupées: c’est qu’on en est à une nouvelle phase de l’alerte, celle qu’on a connue les premiers jours de l’invasion (6 juin). Lundi 4 sept. Pendant que nous déjeunons, vers 9 heures, nous écoutions à la radio un bulletin d’informations. Tout à coup on interrompt pour annoncer la nouvelle, officielle, parvenue à l’instant, que Bruxelles a été libérée la veille, dans le courant de l’après-midi. Du coup on voit les choses d’un oeil nouveau. Si Bruxelles est libre depuis hier, pourquoi nous ne le serions-nous pas aujourd’hui? Mon beau-frère prépare deux grands drapeaux, un belge, un hollandais, qu’il va planter à l’entrée, sitôt qu’ils seront là. Les enfants vont chercher des fleurs chez notre jardinier, pour jeter aux tanks lors de leur passage. […] Mais les heures passent, et ils n’approchent pas. On est un peu désillusionné dans les groupes qui stationnent sur la route. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. Mardi 5. Toujours rien sur la route, sinon quelques charrettes de pillards ou quelque auto allemande qui file toute allure dans un sens ou dans l’autre. Quelques fantassins allemands, qui ne savent que faire. Trois d’entre eux ont passé la nuit dans une ferme 300m d’ici, où on a tâché de les persuader de se rendre. Ils ignoraient tout fait l’étendue du désastre allemand. […] Ce matin sur la route ils sont une demi-douzaine. Wally essaye de les persuader de se rendre. Mais ils ont peur de remettre leurs armes à des civils, car ils craignent d’être massacrés par les “terroristes”, c.à.d. la garde blanche qui se montre maintenant ouvertement. […] Vers midi on apprend que des tanks anglais se trouvent entre Saint-Denis et le Sterre, non sur la chaussée, mais à mi-chemin entre la chaussée de Courtrai et celle d’Audenarde. Une dame que Lydie connaît les y a vus. Vers deux heures et demie les gens se précipitent la chaussée. Des tanks viennent de déboucher, venant de De Pinte, on les voit à 400m de chez nous, dans la direction de Deinze. Du coup tous les drapeaux sont arborés. […] Les uns après les autres les gens se décident aller à leur rencontre. Pendant que je m’attarde fermer la maison, les enfants ont pris les devants. Quand Elsa et moi nous arrivons sur les lieux, il y a déjà beaucoup de monde autour des Anglais. Tout à coup nous découvrons Kateline juchée sur le haut de l’un des tanks. Tu te représentes l’accueil fait aux libérateurs: effusions, fleurs, photos, films, signatures dans les albums de poésie des jeunes filles (Kateline et An ont fait chercher les leurs, et ont toute une page remplie de signatures). Ce sont des gaillards de la huitième armée, septième division, qui ont fait toute la campagne d’Afrique, celle d’Italie, puis l’invasion. Un peu plus loin il nous est donné de voir les premiers prisonniers allemands. (Lydie en a filmé au moment où ils rendaient leurs armes). Plus tard nous en avons vu rassembler 2 à 300 dans un champ. […] Ce jour, mercredi 6, sera celui de la délivrance de Gand. A une heure, la radio, j’écoute le bulletin d’information de la B.B.C., qui annonce: “our forward elements are on the southern outskirts of Ghent”. A ce moment, on entend les tanks qui passent à la chaussée en direction de Gand. Dix minutes plus tard on entend les cloches de la ville qui sonnent à toute volée. Des cyclistes arrivent bientôt de Gand et disent que les Allemands sont partis. Du haut de la maison je vois avec la longue-vue des drapeaux qui flottent sur les monuments. On voit aussi la fumée qui monte de l’hôtel du gouvernement provincial, auquel les Allemands ont mis le feu (en brûlant leurs papiers?). Nous n’y tenons plus, et à cinq heures nous partons à notre tour pour la ville avec les trois enfants. En cours de route ce sont à chaque instant des exclamations: la plaine d’aviation sans clôture, à Maltebrugge un passage étroit dans la chaussée minée, des arbres que les Allemands ont abattu au dernier moment et traîné devant les portes antitank, à partir du Sterre les maisons pavoisées, à la gare Saint-Pierre les traces des combats des derniers jours (débris de verre en rue, trous de balles aux façades). Près du Palais de Justice, la foule est plus compacte. Nous descendons de nos bicyclettes. Un peu plus loin grand remous dans la foule et une scène que je n’oublierai jamais: deux hommes, les mains en l’air, livides, verts, comme des morts, les yeux hagards, entourés de gardes blancs armés de fusils, sont conduits au Palais de Justice. La foule hurle. Ce sont des agents de la Gestapo, comme les Allemands en ont recruté un tas ces derniers mois dans la lie de la population. Nous continuons notre route par la rue des Champs, où nous tombons sur Wally et Lydie. Nous apprenons qu’une dame juive qui habitait un appartement au dessus de leur magasin, a reparu: elle a été cachée pendant deux ans chez une amie (d’autres Juifs à Gand, à Bruxelles se sont vus délivrés ces jours-ci. Tu te représente quel délire pour ces gens-là!). Jusqu’ici peu d’Anglais, mais au quai du Bas-Escaut et à la rue de Flandre nous croisons toute une colonne que la foule acclame. […] Puis nous rentrons, heureux de n’avoir pas manqué ce spectacle d’une ville quelques heures après sa libération. Nous nous attablons avec Wally et Lydie pour manger du pain délicieux qu’Elsa a cuit et boire du vrai café (car nous avons un reste de provision), dans l’espoir de passer une bonne nuit. […] De dagen die volgden op de bevrijding van Gent-centrum werden gekenmerkt door zware bombardementen in en rond de stad. Vanuit Mariakerke, Evergem, van aan de Elyzeese Velden en vanuit de richting van Zeeland dropten de Duitse troepen nog honderden obussen op de stad en randgemeenten. De Britse soldaten zaten hen op de hielen. Hans Van Werveke schrijft dat de bombardementen weinig militair nut konden hebben: het resterende Duitse leger reageerde simpelweg als een in het nauw gedreven dier. De familie Van Werveke bracht die nachten door in de schuilkelder, luisterend naar de BBC. ’s Ochtends werd de schade opgemeten. Tijdens de nacht van 9 op 10 september waren de bombardementen op de stad zo hevig dat de opluchting groot was dat de drie torens van Gent er nog stonden! Lundi 11 sept. 1944. A une heure on annonçait à la B.B.C. que Gand était complètement “cleared of the enemy”. […] Vers midi nous avons aussi vu des avions — les premiers — qui atterrissaient sur la plaine. Ce sont des chasseurs américains qui revenaient de l’expédition de ce matin en Allemagne, et qui n’avaient plus d’essence. Lydie les a vu et leur a parlé. Il n’y avait que peu de personnes près d’eux avant elle, et qui ne connaissaient pas l’anglais. Les aviateurs étaient très inquiets de savoir s’ils étaient en territoire libéré ou non. Lydie a pu leur apprendre qu’ils étaient tombés du bon côté, à quelques km. de l’ennemi. [...] Mardi 12 sept. 1944. La nuit a été bonne. Il n’y a pas eu de bombardement de la ville. Les Allemands sont refoulés de plusieurs km., et la plupart des canons qui tiraient sur Gand sont mis hors de combat. […] Jeudi 14 sept. 1944. La nuit d’avant-hier à hier a été tranquille. Du moins nous avons dormi sans rien entendre. Hier matin la radio a annoncé que Bruges a été délivrée par les Canadiens. […] Samedi 16 sept. 1944. Les deux dernières nuits ont été tranquilles. Les Allemands reculent vers le nord. La vie va redevenir plus normale. Fin.

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